Gin tonic

Ces marques qui surfent sur le vintage pour se faire de l’argent sur votre dos !

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Les friperies, les dépôts-vente, les boutiques de seconde main existent depuis longtemps. Elles étaient plutôt réservées à une certaine classe de la société, une classe populaire à petit budget. C’est pour moi de là que vient la créativité, lorsque l’on a peu, il faut imaginer ! Auparavant, il était mal vu de s’habiller de cette manière. On le cachait plutôt que de l’affirmer. Une honte devenue vertu !

Depuis mon arrivée sur Paris, je vais en fripes. Pour trouver des pièces originales, uniques, à petits prix. Si vous me connaissez depuis le début de ce blog, c’est d’ailleurs la raison de son existence. Partager mes looks et bons plans lorsque l’on a un petit budget. J’ai forcément évolué depuis, je dépensais beaucoup en fast fashion, je le fais encore mais de façon plus raisonnée et très ponctuellement.

Aujourd’hui, nous avons décidé de dénoncer ! Personnellement, j’étais assez remontée avec l’enchaînement de lancements ces derniers temps; avec 2 cas en particulier. Le lancement de la collection de Diane Kari, puis le lendemain Sézane qui ouvre sa boutique avec une sélection de pièces vintage… La première imitant des pièces vintages neuves avec peu de valeurs éthique, la deuxième en surfant sur la mode du vintage pour vous extirper encore plus d’argent ! Sézane est déjà une belle machine à fric pour moi.

CASE STUDY

Cas Numéro 1 : Diane Kari ! Diane a commencé par un shop vintage en ligne, elle vendait des pièces vintage chinées par ses soins. Elle décide de lancer sa marque avec des pièces neuves et donc fabriquées à partir de nouveaux tissus. Écologiquement parlant, c’est pas cool ! Je sais qu’il y a une cible, des femmes qui n’aiment pas fouiller, chercher, qui trouve que le vintage « ça pue ». Mais c’est ça l’eldorado avec le vintage. C’est chercher, et trouver une superbe pièce, bien coupée, que vous serez la seule à avoir. La joie est plus intense !

Cas Numéro 2 : Sézane ! Une nouvelle boutique, prise d’assaut. Puisque dès que la marque fait quelque chose, tout le monde accourt ! Je sais que la créatrice à l’origine vendait et chinait ses pièces, mais la marque a bien changé depuis. ET ressortir ça, dans le contexte actuel, pour moi, c’est profiter de notre crédulité. Sézane n’a pas besoin de cela. Elle prend des clientes aux petites boutiques en ligne, sur Insta/vinted ou en physique. Peut-on parler de Green washing ? Quand on regarde les acteurs de ce nouveau flagship : les récupérables… Pourquoi ne pas avoir fait appel à une friperies déjà existantes en collaboration pour cette sélection vintage ? Des Levi’s à 60€ quand on peut en trouver à 40 chez Mad Vintage ?

Je ne suis pas la seule a être remontée sur le sujet, c’est avec 2 autres jeunes femmes que je me suis associée pour vous parler de ce sujet qui nous tient à cœur. Nous avons, toutes les 3 répondues à ces questions, voici nos réponses !

 

L’avis d’Elena sur le vintage washing

Qu’est-ce que le vintage washing pour toi ?
Pour moi, le vintage washing est l’idée que l’on emprunte les codes vestimentaires du vintage pour fabriquer des collections actuelles et absolument pas écoresponsables. On fabrique en Chine, en Tunisie, dans des matières peu respectueuses de l’environnement et à des prix exorbitants, sous prétexte que le vintage soit tendance. On en oublie alors toute l’histoire du vêtement, toute la démarche éthique d’acheter quelque chose de vieux, qui a eu une vie avant de se retrouver sur nos épaules.

Qu’est ce qui t’indigne dans cette pratique ?

Le jour où ça a fait “BOOM” dans ma tête, c’est quand une énième influenceuse très suivie a sorti sa ligne inspirée du vintage. Je m’attendais à une part de mode responsable… Mais non. Je suis même tombée des nues lorsque j’ai lu sur son site :

“Nos ateliers parisiens imaginent nos créations dont nous confions la confection à des experts en Inde, Tunisie et Chine, {…}. Nos matières sont par ailleurs naturelles: coton, laine, velours… Nous souhaitions proposer dès le départ du coton biologique mais notre volume de production trop faible, ne nous permettait pas de soutenir cette ambition.”
(source : https://dianekari.com/pages/notre-histoire)

A côté de cela, des marques de mode éthique se construisent autour d’une vraie recherche de matières responsables, produisent localement, ou du moins en Europe, etc… Je vois cela comme une véritable moquerie, voire une lâcheté face à de petits acteurs qui essayent tant bien que mal de relocaliser la production, de produire raisonnablement et dans des matières certifiées responsables. Je pense notamment à Aatise et Muse and Marlowe, qui restent aujourd’hui mes marques favorites.

Qu’as-tu envie de dénoncer ?

Aujourd’hui, je dénonce cette envie infinie de toujours vouloir produire plus, vendre plus, gagner plus. Nous sommes dans un monde en crise. Comment peut-on encore se lever le matin en se disant “tiens, je vais créer une marque où tout sera hors de prix pour une production à l’autre bout du monde et dans des matières qui ne respectent pas l’environnement !”.
C’est finalement cet orgueil très humain qui semble – à chaque fois – reprendre le dessus… Alors que l’on pourrait parfaitement se contenter de pièces réellement vintage, que l’on aura mis du temps à trouver mais que l’on appréciera d’autant plus, ou bien soutenir une démarche 100% réfléchie, consciente et responsable. Pas ces marques “foutage de gueule” que l’on nous disperse à tout va.

Ce qui me dérange également, est d’élitisme que créent ces figures actuelles autour du vintage : tout coûte cher. Est-ce justifié ? Pas tellement, voire pas du tout. Ces filles – souvent longilignes (pas de place pour les personnes qui font plus qu’un 38 dans le vintage apparemment. Scoop : c’est faux.) participent non seulement à une uniformisation du “style vintage” (alors qu’en réalité, le vintage est multiple !) en ne proposant que des pièces similaires, sans originalité, et à un prix onéreux. Et quand elles vendent du “vrai” vintage, son prix est très élevé aussi… Quand on est une aguerri des friperies, on apprend à fouiller, à être patiente, etc… Je crains toujours qu’en tant que consommatrice, on ne s’autorise plus à aller plus loin que ce qu’on nous propose. Mon conseil : faire les brocantes, les friperies parisiennes (retrouvez ma sélection dans cet article), fouiller dans le dressing de maman, aller chez Emmaüs, etc.

L’avis d’Ella Vintage

Qu’est-ce que le vintage washing pour toi ?

La mode est un éternel recommencement, alors oui le vintage est à la mode depuis toujours, mais plus particulièrement depuis les 10 dernières années (génération nostalgie ?). En m’y intéressant de plus près, j’ai compris que le vintage washing n’était pas seulement dû à la montée des préoccupations autour du développement durable, mais des marques qui se sont tour à tour lancées dans l’imitation du vintage pour se donner bonne conscience
Qu’est ce qui t’indigne dans cette pratique ?

Je parle tout d’abord des enseignes de fast fashion (Zara, Nastygal…) qui induisent le consommateur en erreur avec de fausses matières et de fausses coupes vintage, puis des nouvelles enseignes parisiennes, qui communiquent « dans l’esprit vintage » car très inspirées mais toujours pas vintage non plus (Sezane, Musier…) : c’est neuf, cher et made in « on sait pas trop où »… comme si se dire vintage aujourd’hui autorisait le fait de vendre des pièces à pas moins de 100€ ? C’est un peu comme la phrase qu’on entend souvent « c’est cher car c’est fabriqué en France ». Ok. Mais en vrai, vous savez que vous pouvez trouver un pull en laine et made in France à bien moins de 80€ ?

Clin d’œil aux boutiques vintage qui proposent un choix de qualité (laine, cuir, angora, coton, lin…), de taille (du 32 au 50), très souvent made in France, et à prix raisonnables ! Alors pour ça forcément ça fouille, fouille, fouille, nettoie et retape parfois. Mais ça donne des pièces qui vivent leur meilleure « seconde » vie et des propriétaires heureux !

Mon avis sur le Vintage Washing

1. Qu’est-ce que le vintage washing pour toi ?

Comme pour le green washing, c’est l’idée qu’une marque ou une entité profite d’un concept ou de valeurs « à la mode » pour faire du profit. Ici, appliqué au monde du vintage, à la vente de seconde main qui sont devenus une manière de consommer à part entière qui fait peur au capitalisme et aux préceptes de ventes et fabrication textile classique (Fast fashion…). Pour ne pas perdre ses parts de marché, ces marques se lancent dans des projets autour du vintage que cela soit dans la simple copie du style de vêtements, que dans la revente de pièces sélectionnées à des prix plus élevés.

2. Qu’est ce qui t’indigne dans cette pratique ?

Principalement, le fait de prendre les gens pour des idiots ! Je n’aime pas qu’on profite de la crédulité de personne non éduquées au monde du vintage. C’est aussi prendre une place importante sur ce marché de la fripe en utilisant sa notoriété déjà en place et son pouvoir de communication. C’est déloyal, ça ne correspond PAS DU TOUT aux valeurs du vintage.

3. Qu’as-tu envie de dénoncer ?

Plutôt informer les gens, les consommateurs sur leur démarche. Si vous souhaitez acheter vintage, de seconde main, je vous y encourage grandement ! En revanche, gardez l’esprit clair, renseignez-vous avant d’acheter, comparez. Ce seront vos premiers pas pour apprendre le vintage et trouver LA pièce unique qui vous attend chez Gueriol ou Episode 😉

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